jeudi 7 mai 2015

Le circuit des bollards du Havre



   La Seconde Guerre mondiale encore visible. Comment expliquer autrement ces dégradations qui ressemblent à des impacts de bombe et de balles sur une bitte d'amarrage du bassin du Commerce ?

Le circuit des escaliers que j'avais créé a connu un beau succès au Havre. On s'en souvient moins mais j'ai organisé aussi les premières visites touristiques consacrée à l'architecture Perret. Cette initiative venait d'un article que j'avais lu dans le journal. On y lisait que Madame Sylvie Barot, responsable des archives de la Ville, avait montré l'architecture Perret à des architectes. Il m'était paru évident qu'il fallait montrer l'architecture Perret aux Havrais eux-mêmes !

Cette fois , je vous présente un circuit des bollards. Il s'agit d'une ébauche. Pourquoi ce nom ? Un circuit des quais ou  un circuit des bassins serait aussi envisageable mais le mot bollard évoque la curiosité. Un parcours des bittes du havre aurait attiré la raillerie !  Il est fort possible que ce projet soit copié un jour sous une autre appellation.

Le circuit touristique des bollards du Havre part du sémaphore du Havre, quai de Southampton, passe par le bassin du Roy, le bassin de la barre, puis le bassin Vauban pour s'achever derrière la Chambre de Commerce et d'Industrie du Havre.



Les bollards en place évoquent une centaine d'années d'histoire portuaire. Ils ont connu la voile, la vapeur, les transatlantiques, les porte-conteneurs...

Ils ont vécu les conflits mondiaux et ont souffert. Jusqu'à preuve du contraire, ils portent des marques d'éclats de bombes et de balles. C'est un témoignage patent et oublié de l'histoire havraise.

Les bollards se trouvent au cœur de la ville. Le circuit imaginé peut quasiment commencer du Musée André Malraux, lieu culturel le plus visité du Havre, et finit à la gare du Havre (un circuit inverse est bien entendu possible).

Les bollards ne demandent quasiment aucun entretien mais de l'attention. Ils s'inscrivent dans la future mise en valeur des quais. Mettre l'attention sur ces équipements anciens a aussi pour but de protéger leur existence.

Les personnes intéressées par ce circuit peuvent évidemment apporter des ajouts et des corrections. Depuis la réalisation de ces vidéos, j'ai ainsi appris que le nombre inscrit près des bittes d'amarrage était le point métrique qui indique le nombre de mètres depuis le début du bassin !



  

10 commentaires:

DAN a dit…

Excellente idée que de faire un circuit des bollards, je suis sûr que beaucoup de personnes voudraient le faire. En tous cas si tu as besoin d’un coup de main n’hésite pas, d’ailleurs je peux te donner un renseignement au sujet du rouleau vu sur le bassin de la Barre, il s’agit d’un rouleau tournant évitant ainsi aux cordages de s’user sur le rebord du quai. Il y a aussi les bollards chimiquiers qui sont conçu de telle manière qu’un simple geste permet de détacher le navire du quai ceci en cas d’incendie du bateau et où il faut prendre une décision très rapide afin d’éviter une catastrophe et ça permet au navire de s’éloigner du quai rapidement. Bref il y aurait beaucoup de choses à dire à ce sujet.
En tous cas voilà une idée géniale !

jean-michel Harel a dit…

Salut Daniel. Merci pour ton avis qui compte beaucoup pour moi sur cette question. Tu m'apprends à quoi servaient les rouleaux tournants et je t'en remercie. je pense que beaucoup de Havrais ignorent à quoi ils servaient !

A propos des bollards, je suis frappé par les traces de balle et les éclats de bombe qu'ils ont subi. Je ne vois aucune autre explication que la guerre à leur état. Ils sont debout et témoignent en plein vingt-et-unième siècle de l'horreur qu'a vécue notre ville.

La préservation des éléments anciens des quais est importante.

geo a dit…

Les bollards bientôt seuls témoins de la guerre ?

Les traces des bombardements sont encore bien présentes au Havre. Il suffit d'analyser l'alignement de certains quais, ou les impactes de bombes rebouchées à la hâte sur les façades d'immeubles ou de bâtiments publics. Sans parler de l'état de certains immeubles du centre-ville ou les murs sont totalement déformés.

Le Havre parait si beau et si propre aujourd'hui. Difficile d'imaginer que 70 ans auparavant, la ville recevait 80 000 tonnes de bombes. D'ailleurs le 8 Mai 1945, les havrais imaginaient-il à quoi leur ville allait ressembler en 2015 ?

jean-michel Harel a dit…

Geo

La disparition progressive des immeubles anciens et les ravalements tend à effacer de plus en plus les traces. L'alignement des quais est un très bon exemple qui pourrait s'intégrer au circuit !

Je me demande si une personne qui ne connaît absolument rien à notre ville, à son histoire, peut se douter de la violence voire de l'existence des bombardements. Je ne le pense pas. En Allemagne ils ont laissé l'église du souvenir dans son état juste après les bombardements. Il n'y a rien de tel au Havre

DAN a dit…

Je pense qu'au sujet de la violence de ce qui s'est passé au Havre en 1944, il faut faire comme je l'ai fait une fois avec des étudiants, être sur place avec des photos agrandies du même lieu mais en 1944. J’ai renouvelé l’expérience dans le lycée Schumann et cela a eu l’impact souhaité. D’ailleurs cette idée de montrer l’endroit après le désastre n’est pas de moi mais d’un certain Jean-Michel Harel, comme quoi, les bonnes idées ont toujours une longue vie.
PS : Je serai absent jusqu’au 17 mai.

geo a dit…

Je me suis posé la même question que toi Jean Michel. Pour moi, un croisiériste qui débarque au Havre ne doit pas se douter une seconde que la ville a été la plus bombardée de France, une des villes les plus détruites d'Europe.

Avec le recul, ils auraient du conserver le clocher de l'Eglise Saint Michel, qui aurait permis de se souvenir comme l'église de Berlin... mais qui dit souvenir au lendemain de la guerre dit mauvais souvenir.

Proportionnellement à la taille de la ville, l'impact psychologique des bombardements a du être pire qu'à Berlin.

DAN a dit…

@ Geo,
Ce que l'on aurait pu conserver aussi, c'est la façade de l'Arsenal comme le demandait Georges Priem, mais les préoccupations à l'époque étaient tout autres et c'est compréhensible.

phyll a dit…

ce serait une excellente idée en effet !!
et quand je pense qu'à une certaine période de ma vie ces bollards (et tant d'autres) faisaient partie de mes "outils de travail" !!!.... mais ça, c'était avant !!!... :o)

jean-michel Harel a dit…

@Salut Phyll. Appelais-tu cela un bollard ou il y avait un autre terme ?

phyll a dit…

pour les points d'amarrage à terre nous utilisions plutôt le terme "bittes" et à bord nous faisions l'amarrage sur des "bollards"...
mais bon, j'étais dans le fluvial et peut-être que dans la marine au long cours il en est autrement ?!?.....
en creusant un peu, je pense que les réponses doivent se trouver assez facilement !!
bonne fin de journée Jean Michel !