mardi 25 mai 2010

Grande distribution et Porte-conteneurs


Il y a en ce moment plusieurs campagnes de publicité qui mettent en avant l'intérêt de la grande distribution pour les produits locaux. Les salades vendues dans tel magasin sont, par exemple, réputées venir des environs. Quant aux porte-conteneurs qui transportent des produits venus d'ailleurs, ils apparaissent dans ces publicités pour former un contraste et représentent symboliquement et négativement les produits étrangers.

Cela ressemble fort à une campagne pour le protectionnisme. C'est tout-à-fait conforme à certaines évolutions gouvernementales qui vont dans ce sens. Il apparaît, en effet, anormal pour certains décideurs que des marchandises en provenance ou à destination de la France passent par des ports non Français...

Le protectionnisme a tendance à réduire le commerce international et aurait une incidence forte sur l'activité des ports, notamment celui du Havre. L'activité du port du Havre est rarement envisagée dans un contexte économique mondial ou français. Evolution économique mondiale et situation économique française ont un impact considérable sur l'activité portuaire.

Il reste à voir si ces campagnes de publicité de la grande distribution se traduiront par des effets réels. Les hypers profitent encore largement d'importations venues du monde entier : électroménager, textiles... Mais ces publicités reflètent un état d'esprit de " retour vers le local".

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Je souhaiterais que vous soyez plus explicite concernant le protectionnisme à propos du Havre dans votre 3 ème §.
....................
Il est certain que les gdes surfaces (Leclerc, en tous cas) jouent sur le National. L'air du temps ? avec des produits intitulés "Nos régions ont du talent", notamment, ce qui n'est pas tout nouveau pour ce dernier type d'étiquetage. La "crise" n'y est pas pour rien non plus.
Ce qui est vrai, mais sans doute pas innocent dans l'espoir de rallier le consommateur sensible au tintement du clocher national ou régional. Une espèce de repli.
Pour les produits frais, notamment les légumes, les gdes surfaces qui ont des producteurs-maraîchers à proximité ont compris qu'il était profitable pour elles de "les faire valoir" et que, tous comptes faits, acheter au plus près, avec garantie de fraîcheur n'était pas forcément pénalisant ni un mauvais calcul.
En espérant que les producteurs y trouvent aussi leur compte ?
Quoi qu'il en soit, on trouve toujours des prunes du Chili, du raisin (dégueu ! souvent avec des peaux de biques) d'Afrique du Sud et combien de produits exotiques.
Il en faut !...les gens voyagent et c'est du souvenir qu'ils mettent dans leurs menus.
O.G.

DAN a dit…

Ce qu'a écrit "anonyme" est tout a fait pertinent je ne reviendrais pas dessus. Quand je fais mes courses j'essaie le plus possible d'aller au marché près de chez moi, je demande toujours au vendeur d'où vient tel fruit ou légumes ? S'il n'est pas produit en France je n'achète pas hormis ceux que l'on ne peut faire nous même comme les oranges par exemple.
Deuxième "réflexe", en voyant certains fruits je me pose la question de savoir si c'est un fruit de saison ? Cet hiver, j'ai vu du raisin du Chili, et d'Afrique du sud, alors là ce n'est même pas la peine de poser la question. De plus on nous rebat les oreilles avec la "planète" qu'il faut protéger, et on vient nous vendre des fruits en légumes qui ont "déjà" consommé du kérosène en venant en France.
Tout ceci ce n'est pas du protectionnisme c'est simplement du bon sens qu'il faut avoir c'est tout !

Anonyme a dit…

OK, DAN...mais c'est la clientèle qui le demande ou alors c'est la gde surface qui propose.
Il y a forcément du raisin du Chili en hiver et au printemps vendu en France puisque cette récolte est récente, nos saisons étant inversées selon l'hémisphère.
Quoi qu'il en soit, qui aurait pu penser il y a 50 ans et plus que l'on transporterait du raisin (et autres) par avion et le vendrait au Rond-Point à un prix localement compétitif, ou à peu près...
On nous dira, évidemment qu'il s'agit de mondialisation et tout et tout, donc de l'internationalisation des échanges. Ca embrouille...où se trouvent donc sagesse et économie là-dedans ?
Réponse : l'équilibre mondial.
Faut voir !....
O.G.

JMH a dit…

Le protectionnisme nuit au commerce mondial. Il entraîne la diminution des échanges, une moindre" activité pour la Marine marchande et les places portuaires comme Le Havre. Avec ou sans protectionnisme, nul ne sait encore quelles conséquences auront les futures turbulences monétaires sur les importations et les exportations grâce auxquelles vit le port du Havre. Le conteneur est un symbole de la mondialisation et le port s'est fortement basé sur lui pour prospérer.


De plus certains économistes estiment que l'Europe amorce un déclin économique. La population vieillit et risque de bientôt diminuer. Les milieux économiques gèrent souvent mal les déclins : ils sont habitués surtout à la croissance...

JMH a dit…

Les grandes surfaces essaient effectivement comme vous dites de" rallier le consommateur sensible au tintement du clocher national ou régional". Elles ne sont pas très crédibles tout de même. Il y a le "lait d'ici " qui est un exemple de cette méthode. Les grandes surfaces font pareil avec l'alimentation bio. Elles courent après les tendances. Je sens la grande distribution en phase d'interrogation sur elle-même en ce moment. Elle ne sait plus comment faire pour se maintenir ou progresser.

D'ici qu'on voit un jour un directeur ou directrice d'hypermarché demander qu'on vienne acheter chez lui afin de préserver l'emploi !

Anonyme a dit…

Bien d'accord sur cette vision de croissance synonyme de progrès.
Avec ou sans protectionnisme, la situation n'est plus gérable en récession (ou fort mal)les replis prudents sur le national faisant que l'on met une pièce ici, alors qu'à côté, le tissu va se déchirer...et on le sait.
L'Europe est peut-être en déclin économique, cela reste à prouver, - on n'est pas dans le bon sens, c'est sûr - mais ce qui vient de se passer avec les faux-bilans de certains pays (et de la France ???) comptant sur les autres, plus riches, devrait inciter ce continent à enfin coopérer au delà des carrières politiques à visée d'électoralisme national de la majorité de ses responsables.
Ce n'est pas pour demain ! même si on gesticule beaucoup sans avancer tellement car l'économique conditionne plus que jamais le politique.
Il y a pourtant des gens (les financiers) qui pensent encore pouvoir s'enrichir sur la misère du monde.
O.G.