vendredi 16 avril 2010

Grand Paris - Les propos du président de la République




Le président de la république française a accordé récemment un entretien sur le thème du Grand Paris à une revue dont l'intégralité du contenu est disponible sur un blog (une fois arrivé sur le blog, cliquez sur interview de Nicolas Sarkozy)".


De nombreuses ambiguïtés et contradictions parsèment ce texte. Le Président dit : Il faut être clair : au XXIe siècle, l’État ne peut plus faire de ville nouvelle, l’État ne peut plus créer des pôles de croissance, l’État ne peut plus décréter là où les gens vont habiter. L’État pas plus que les autres collectivités.". Il dit pourtant ailleurs : "Nous devons aller encore plus loin et libérer la construction immobilière, à travers un urbanisme qui parte des projets et qui n’hésite pas à déroger aux normes" et "Nous devons – et donc nous allons – tenir cet engagement de construire 70.000 logements (sociaux) par an.".
Comme le dit le président "Dans mon esprit, il ne s’agit pas de construire une aire urbaine continue jusqu’à la plage du Havre, ce serait absurde." Mais cela ne rassure pas pour autant sur les intentions expansionnistes de Paris et de l'île de France.

Nicolas Sarkozy souhaite des Parisiens de Versailles et des Parisiens d'Ivry. En allant plus loin, il faut se poser la question de savoir s'il souhaite des Parisiens du Havre, des Parisiens de Rouen, des Parisiens de Honfleur.

Havrais je reste, Normand je reste. Je ne suis et ne serai pas Parisien.

Il va falloir que les responsables politiques, dont on remarque qu'il n'y en eut presque aucun à se prononcer sur le caractère positif ou négatif du Grand Paris avant que le Président de la République prenne position, choisissent enfin clairement une position pour l'avenir.

Le développement des transports ( voies fluviales, Train à Grande Vitesse...) est souhaitable entre la Normandie et l'île de France. La constitution d'une direction politique qui engloberait Paris, Le Havre et Rouen serait une très mauvaise nouvelle. C'est à terme ce qui est annoncé en filigrane et qui risque d'arriver.

Le Grand Paris est concevable en île de France. En Normandie, il n'est que le Gros Paris. Certains élus Havrais ont écrit, dans le bulletin municipal de février 2010, que " Le Grand Paris constitue pour Le Havre la dernière étape sur le chemin de son destin". Pour ma part, j'ignore quel est le destin de ma ville. Je lui souhaite une infinité d'étapes et qu'elle ne devienne pas une banlieue maritime, noyée dans une mégapole reliant non seulement le Grand Paris mais aussi Londres et Rotterdam.

On a connu la haute et la basse Normandie. On connaîtra peut-être le Grand Paris mais la volonté d'obtenir enfin une dimension politique nouvelle ne cessera pas. La Politique est la volonté de changer la réalité. Oui au Grand Havre dans une Grande Normandie.

2 commentaires:

DAN a dit…

Vaste programme et vaste question que ce "grand Paris". S'agissant de Paris et sa proche banlieue cela peut se comprendre, mais pourquoi y intégrer toute la vallée de la Seine ? C'est vrai que le développement anarchique des 30 dernières années a donné un caractère invivable à nos banlieues autrefois synonyme de retraite paisible et dimanche au bord de l'eau, aujourd'hui il signifie "mal de vivre". Alors oui il faut prendre en compte ce phénomène d'expansion à l'infinie des pavillons ou des HLM, oui il faut prendre en compte le fait de l'allongement des transports, oui il faut prendre en compte les lieux de cultures et de détentes. Mais est-ce en englobant toutes les villes villages aussi diversifiés soient-ils que nous arriverons à harmoniser l'ensemble.
C'est la question que je me pose, car pour le reste cela me dépasse quelque peu !

JMH a dit…

La majorité des responsables politiques considèrent que l'île de France est devenue de moins en moins vivable et que la situation dans les transports et en matière de sécurité se dégrade. On demande donc de rejoindre une région qui est en proie à de grandes difficultés. C'st pour mieux mieux diluer les problèmes de la région parisienne vers des zones plus clémentes.