samedi 31 octobre 2009

Sculptures de lions Le Havre Palais de Justice


Photos 1 et 2 Lions de Kasr el Nil Bridge au Caire, du Français Jacquemart



Photo 3 Derrière l'hôtel de ville de Paris ( photo personnelle)



Photo 4 Fontaine aux lions de Nubie ( Détail) Paris




Photo 5 et 6 Fontaine aux lions à Paris, place Félix Eboué. Sculptures de Jacquemart. Photos personnelles.

Plusieurs articles sur des sites internet havrais ont évoqué les lions du palais de justice. Geo, Dan et Nicephore, Laurent Durel ont donné des informations et même des révélations à ce sujet. Le présent texte revient sur l'origine de ces lions.

On parle souvent de "Louis Villemot" comme le scupteur qui est à l'origine des lions du palais de Justice du Havre mais un dictionnaire assez complet des sculpteurs en France du 19e siècle n'évoque qu'un sculpteur ayant un nom proche : "Louis Villeminot". Y-a-t-il eu confusion de noms? C'est fort possible car le "Louis Villeminot" dont parle le dictionnaire a travaillé avec un certain Henri-Alfred Jacquemart dont les sculptures de lions à Paris, rappellent étrangement les lions du palais de Justice du Havre.

Henri-Alfred Jacquemart a sculpté les lions en bronze de la fontaine aux lions de Paris, et Villeminot a sculpté les têtes féminines en pierre de la même fontaine. Cette fontaine aux lions, voulue par le Baron Haussman, devait remplacer la fontaine aux lions de Nubie. Cette dernière se trouve désormais devant la grande halle de la Villette.

Il est assez étrange de constater que Villeminot ( s'il y a bien eu eu erreur sur son nom), né en 1826, est considéré comme l'auteur des lions qui se trouvent devant le palais de Justice du Havre. En effet, durant toute sa carrière, il n'a réalisé qu'un bas-relief représentant un lion. Elle se situe sur la façade latérale de l'hôtel de ville de Paris. A la différence de Villeminot, Henri-Marie-Alfred Jacquemart, né en 1824, mort en 1896, était un artiste spécialisé en figures d'animaux et, particulièrement, en représentation de lions...Ses lions du Kasr el Nil Bridge, en Egypte, ne font-ils pas également penser aux lions du palais de Justice du Havre?

On ajoutera à l'histoire de ces lions du Palais de Justice du Havre qu'ils avaient peut-être été placés à cet endroit en souvenir de la guerre de 1870 pendant laquelle le général Denfert-Rochereau avait soutenu un siège dans la ville de Belfort face aux Prussiens. Le boulevard de Strasbourg avait été le lieu où les troupes avaient tenu leur rassemblement au Havre pour la guerre de 1870. La présence de ces lions rappelait-elle qu'il fallait reconquérir l'Alsace et la Lorraine ? Aucun livre historique sur Le Havre n'a évoqué jusqu'à maintenant cette hypothèse.Le nom lui-même de boulevard de Strasbourg n'avait pas été choisi par hasard et rappelait directement la guerre de 1870.

On regardera pour conclure la très belle découverte de Dan, grâce à des indications de Geo, du lion de Gournay-en-Bray. Ce dernier est, en effet, l'ancien lion du palais de Justice du Havre : cliquez ici. Un article du Havre-Presse du 26 novembre 1952 indique que les deux lions étaient criblés d'éclats et très endommagés à cause de la seconde Guerre Mondiale. Laurent Durel, grand spécialiste de l'histoire du Havre, a trouvé un autre article à ce sujet très complet qui prouve l'origine du lion situé à Gournay-en-Bray : cliquez ici.


Article dédié à Laurent Durel, Dan, Nicephore et Geo

4 commentaires:

phyll a dit…

on peut dire que ces lions ont fait rugir de plaisir les blogueurs Havrais !!!

DAN a dit…

Merci Jean-Michel. Voila un article qui complète les nôtres.
Personnellement j'en ai vu plusieurs à Rome, mais ceci est une autre histoire.
Ces lions n'aurons plus de secret pour les Havrais désormais !

Laurent a dit…

Merci et bravo Jean-Michel ! Nous avons tous fait du bon boulot ! Nous méritons le Lion d'or de la recherche !

Mr Yak a dit…

Article intéressant qui complète les articles de Dan et Laurent. Un autre lion à fait parler de lui au Havre mais cela se passait quai de Gironde et l' histoire à été plus vite étouffée que le feu qui y a sévit.