Blogs et bloggeurs

Parlons un peu de blogs... Comme je l'ai lu dans un commentaire, il n'est pas facile de changer de blog, de le transformer totalement. Il s'agit d'une mue, d'une évolution. L'ancien blog ressemble à la "peau du serpent" qu'on laisse. L'animal vit toujours mais possède désormais une autre forme.

Ces sont des raisons pratiques qui m'ont poussé à choisir blogspot. Je trouve que ce système de blog offre des fonctionnalités multiples. Il est pratique et permet d'évoluer facilement. Cette transformation a aussi été décidée à la suite de remarques de certains de mes lecteurs. J'écoute, en effet, avec attention, les remarques qu'on me fait. Je note avec attention les suggestions. Cela m'amène à évoquer la relation du blogger avec son environnement.

Le bloggeur passe effectivement beaucoup de temps devant sa machine et il attend un retour d'expérience. Il va le chercher lui-même en regardant si on fait référence à son blog sur les moteurs de recherche. Il consulte ses statistiques de fréquentation. Il regarde quels mots-clés ont amené des internautes à se rendre sur son site. Il s'agit-là d'une partie active du bloggeur.

De manière passive, le bloggeur attend ou constate les commentaires de ses visiteurs. Ils sont parfois rares ou fréquents. Leur nombre dépend peut-être, quelque part, du tempérament du bloggeur. La consensualité, la douceur, la volonté de ne pas susciter de polémique explique peut-être cette faiblesse du nombre de commentaires. Je remarque que des sujets épineux, des problèmes sociaux susictent une multitude de commentaires sur certains sites. On constate parfois une "cascade de messages". Cette 'escalade verbale électronique atteint parfois les sommets du dérisoire. Chacun se fait plaisir, se défoule. Bien entendu, l'anonymat permet les coups les plus durs et les plus tordus. A ce jeu, le secteur de Rouen se distingue. On se répond, on s'invective, on se dispute, on se réconcilie... C'est plus calme ailleurs. Il faudrait peut-être demander aux auteurs des blogs où se déroulent ces joutes verbales, ce qu'ils ressentent à voir ces débats sans fin. De la puissance, de la joie, de la tristesse, de l'indifférence, de la lassitude? Que faut-il retenir de ces défouloirs qu'on voit sur certains blogs ?

Je pense qu'un des principaux problèmes posés au bloggeur consiste dans sa relation à l'environnement. Je ne suis pas tout à fait sûr que nous ayons une perception exacte de la réalité. J'ai lu sur le site du Grand Rouen, le meilleur en ce moment, à coup sûr, de l'agglomération rouennaise, que les dernières élections municipales avaient été gagnées, en partie, grâce à internet. Je ne partage pas ce point de vue de Sébastien Bailly. Comme Cyrille Auber, auteur de Vivre en Normandie, le soulignait, on peut très bien n'avoir presque rien fait sur Internet (et ailleurs) et gagné les élections. Cela signifie peut-être que les bloggeurs vivent dans une espèce de "monde à eux". Nous vivons peut-être un peu trop sur la Toile sans en descendre. Cette "bulle" du blogger porte bien son nom ! On vit dans son milieu, face à sa machine; on y consacre beaucoup de temps et on a du mal à se passer d'un ordinateur... La "bulle", c'est une une forme horripilante où l'on ne sait plus si l'on est dans le faire ou le non-faire.

Il y aurait un moyen de savoir s'il s'agit vraiment d'une bulle. Il faudrait peut-être qu'un sondage soit mené et demande aux gens croisés dans la rue quels sites ou blogs ils connaissent dans leur ville ou fréquentent. Ce serait une bonne idée de proposer cette idée à des étudiants en communication. J'ai encore peu vu d'articles de qualité dans la Presse, pourtant friande en classements, indiquer les 50 sites Internet à connaître dans une ville, les 50 blogs qui comptent... Les résultats seraient intéressants. Je pense qu'il y aurait beaucoup de déception du côté des bloggeurs. Pour moi, la notoriété et l'audience de nos meilleurs bloggeurs de Seine-Maritime demeure encore embryonnaire. Ils n'ont pas (encore) la place qu'ils méritent. Elle se cantonne, à mon avis, à Internet et à certaines parties d'Internet. Pour prendre l'exemple d'un blog politique, son audience est d'autant plus réduite que tout le monde n'a pas un ordinateur, tout le monde ne se connecte pas à la Toile, tout le monde ne consulte pas des sites politiques

Est-ce une raison pour croire que le bloggeur est seul derrière son écran à se lamenter , comme on le voit régulièrement, d'être tout seul, de ne servir à rien, de pousser chaque jour son rocher de Sisyphe? Je ne le pense pas. Le bloggeur parvient d'abord à atteindre un certain public. A titre de comparaison, une journée peut apporter plus de visiteurs qu'une conférence donnée dans une salle. Comme je l'ai dit un jour, le bloggeur fait travailler son blog comme s'il mettait de l'argent dans une caisse d'épargne. Pendant que je dors, mon blog travaille et les visiteurs cliquent sur le site ! Depuis que j'ai exprimé cette opinion à des amis, ils l'approuvent totalement.

De plus, l'influence du bloggeur ne se limite pas à une ville. Et c'est cela qui est intéressant et change la donne. Pour donner un exemple, quelles sont les personnalités qui parviennent à obtenir un certain écho loin de leur périmètre habituel? Il s'agit souvent de bloggeurs ou, au moins, de personnes disposant d'un site. Ils réussissent à créer un réseau qui dépasse les cadres habituels. Pour donner un exemple, je connais mieux certaines personnalités de la ville de Rouen grâce à leur blog que certains de leurs homologues dans ma propre ville. J'apprécie et connaît mieux les opinions sur Internet d'un habitant sans aucune responsabilité qui vit à des dizaines de kilomètres de chez moi que celles d'un ponte de mon secteur. Je ne jette la pierre à personne. Il faut du temps pour animer un site internet et tout le monde n'en a pas. Je suis parvenu à consacrer quelques heures à cette activité de bloggueur mais je ne garderai peut-être pas ce rythme pendant des années. Pour blogguer je rajoute aussi qu'il faut avoir des idées et envie de les exprimer.

Cette réflexion évoque aussi pour moi un paradoxe. Le fait de pouvoir développer, dans une certaine mesure, ses pensées, ses idées, ses initiatives, ses projets, le compte-rendu de ses actions sur Internet aboutit à créer un monde virtuel bien différent du monde réel. J'ai l'impression que cela ressemble aux débuts de la télévision. Au départ, ceux qui participaient à l'aventure télévisuelle ne savaient pas que ce moyen de communication aurait une telle puissance. Ils ignoraient que leur rôle, parfois insignifiant, prendrait une telle importance : présenter la météo et devenir célèbre... Il y a des présentateurs de télévision qui sont plus reconnus que des ministres. Il en ira, à mon avis, de même avec Internet.

Il reste tout de même à trouver des moyens meilleurs pour que les blogs et sites trouvent plus facilement leur public. Il demeure aussi à améliorer les relations entre le réel et le virtuel, à trouver un équilibre, des passerelles entre ces deux mondes. Cela a commencé mais demeure embryonnaire. On verra peut-être ainsi un jour des bloggeurs présenter les photos de leur site dans une exposition... Je pense que ce serait une bonne idée.

Cette histoire des bloggeurs s'écrit. Je ne doute pas qu'elle fera l'objet d'études universitaires dans le futur. Je le souhaite même d'une certaine façon car ce serait dommage que tout ce qui a été fait disparaisse dans l'oubli le plus total. Personne ne connaît l'avenir mais le fait d'avoir été lecteur ou auteur de blog permettra de dire qu'on a participé à une forme d'aventure collective nouvelle.

2 commentaires:

Cyrille a dit…

Ah! Disons que tu as compris que le blog n'était pas le refuge du lieu de la véritable conversation promise, au fond, on retrouve sur les blogs le paradoxe du pouvoir, qui en a, ou pas, devient influenceur de... Un blog ne fait pas une ville mais c'est la ville qui se reflète en lui, comme Rouen... Au Havre, on a des blogs photos, des blogs HAC sur skyrock, des blogs politiques. C'est vrai qu'on a pas le buzz autour comme on pourrait l'espérer, on a pas non plus d'engagement citoyen au sens de prendre un main une information citoyenne de sa ville. Je crois que là on est vraiment en retard ou plutôt ça reflète bien une forme d'oubli politique de la part du citoyen havrais.
Les commentaires ça prend son sens sur des choses précises, le reste... Faire plus de 100.000 pages en une journée, ça fait rien, j'ai rien vu... Ce qui compte c'est la qualité des échanges, et là ça demanderait une vraie forme artistique, une qualité qui va hors du champs du blog, puisque rappelons nous que le blog n'est qu'un brouillon.. sur internet.

gl a dit…

Bienvenue sur Blogger.
Petit à petit, plusieurs bloggeurs choisissent ce support qui a l'avantage d'être sobre dans sa présentation et dénué de pub! (à condition de ne pas rajouter des scripts générateurs de pub)